Une résidence de création pour les enfants

TISSU D’HISTOIRES

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Le mot texte est dérivé du verbe latin texere qui signifie tisser. Autrement dit, le texte est un tissu fait de mots. La pâte-mots chère à Christophe Tarkos (poète marseillais contemporain) est l’enduit dont nos pensées sont faites et donc par laquelle notre vision de la vie s’articule.

En partant de cette observation, j’explore la question suivante: de quel tissu d’histoires suis-je fabriqué·e ?

À travers le lien au vêtement, j’accompagne l’enfant à explorer son histoire en jouant à construire / déconstruire le langage. Toujours à travers le lien au vêtement, j’accompagne l’enfant à explorer la tenue en tant que forme culturelle et corporelle en bougeant avec et sans, ainsi qu’en travaillant le contact corps-vêtement.

L’intention du projet est de libérer les moyens d’expression de l’enfant par l’enfant. Pour qu’à travers l’exploration de sa créativité, il puisse trouver son propre langage et goûter au plaisir de se raconter. En s’emparant du pouvoir de se raconter à travers une expression qui lui est propre, l’enfant entrevoit les chemins possibles vers:

+ de conscience

Accompagner l’enfant dans l’exploration et l’expression de lui-même pour éclairer son monde intérieur

+ de confiance

Accompagner l’enfant dans l’appropriation de sa créativité pour goûter au plaisir de se raconter

+ de collectif

Accompagner l’enfant dans la construction d’un récit commun pour se sentir appartenir

  • Les actions sont pensées pour être déployées dans le courant d’une année. Afin de mener ce projet à bien, voici le programme envisagé:

    • Animation d’ateliers collectifs

    • Intervention d’un·e artisan·e textile

    • Réalisation d’une oeuvre commune

    • Performance dans l’espace public

  • Au cours de ces différents temps de travail, je propose que nous travaillions autour du vêtement. Je proposerai à chaque enfant de choisir un vêtement de son choix et ce vêtement servira de prétexte à la recherche artistique sous toutes ses formes. 

    Le vêtement, loin d’être un simple objet utilitaire, est profondément ancré dans la construction sociale et symbolique des identités. Il agit à la fois comme une seconde peau, une protection, un langage, une mémoire et un marqueur socio-culturel.

    Le vêtement est une construction dans la mesure où il est façonné par les normes, les attentes et les valeurs d’une société à un moment donné. Il ne s'agit pas seulement de couvrir le corps, mais de le mettre en scène, selon des critères de genre, de classe, de culture, de religion ou encore de statut professionnel. Ce que l’on porte en dit long sur ce que l’on veut montrer, mais aussi sur ce que la société attend de nous.

    Le vêtement est un outil d’expression individuelle, de transgression ou de revendication. Choisir ses vêtements, c’est choisir comment on veut être vu, ou au contraire, comment on veut résister aux regards. Les enfants expérimentent beaucoup à travers leur manière de s’habiller : ils testent des identités, appartiennent à des groupes, s’opposent, se cachent, se cherchent.

    Travailler à partir d’un vêtement personnel permet à chaque enfant d’entrer dans une démarche intime et réflexive, tout en l’inscrivant dans une réflexion collective sur les normes, les appartenances, les récits de soi.

    Enfin, le vêtement comme matériau artistique offre une infinité de pistes :

    • sensorialité le poids, la texture, la résistance, la matière

    • plastique à transformer, déconstruire, recycler ;

    • support d’écriture slogans brodés ou écrits ;

    • objet performatif que l’on peut porter, détourner ou chorégraphier ;

    • archive vivante portant des traces de vécu (taches, usure, odeurs, coutures réparées, etc.)

    Pour cela, le projet est en fait en collaboration avec un·e professionnel·le du textile (Magali Launay, costumière).

  • À partir de la collecte des explorations, nous imaginons ensemble un acte créatif commun prenant la forme d’une réalisation textile ainsi que d’une performance rituelle dans l’espace public. Ce rendu final mettra en valeur leur travail artistique effectué au cours de l’année.

    Contrairement à un spectacle, qui suppose souvent une séparation claire entre celleux qui jouent (les performeur·euses) et ceux qui regardent (le public), une performance rituelle implique une autre posture : elle est pensée comme un acte symbolique partagé, porteur d’une intention de transformation — individuelle, collective ou symbolique.

    Dans un spectacle traditionnel, on met en scène un résultat. Il s'agit souvent d’une forme finie, construite pour être présentée, représentée, voire consommée par un public. Il y a une logique de restitution et parfois de performance au sens de « performance artistique » ou « réussite ».

    Dans la performance rituelle, ce n’est pas le résultat qui prime, mais le processus vécu par celles et ceux qui y participent. Il s’agit moins de montrer que de faire acte. Elle marque un passage, une prise de parole, une reconnaissance de soi et des autres. Ce qui se joue, c’est une forme de mise en présence, d’affirmation ou de libération. Elle est expérientielle car elle engage le corps, la parole, l’émotion et le collectif. Elle peut être mouvante, incomplète, fragile — mais elle est surtout et toujours authentique. Elle n’a pas pour objectif de plaire ou d'impressionner, mais d’honorer une transformation, un passage, une mémoire, une parole.

  • Marine Sorato est une artiste pluridisciplinaire, poétesse, clown et performeuse. Elle étudie le processus créatif sous toutes ses formes et par ce biais le tissu d’histoires qui se révèle. Ses valeurs sont résolument féministes, décolonialistes et queer. Après 10 ans d'expérience dans le milieu entrepreneurial, elle dédie à présent son temps aux pratiques corporelles et artistiques dans l’intention de prendre soin. Par ailleurs formée en éducation Montessori, elle n'a jamais cessé de travailler avec des enfants. Elle est engagée depuis ses 16 ans dans des suivis extra-scolaires de la maternelle au lycée et à l'expérience d’un remplacement en établissement. Ce projet est le pilier autour duquel se rassemble tous ses travaux et expériences passées. Diplômée de Life Art Process ® à l’institut Tamalpa, elle bénéficie pour celui-ci du soutien et de la supervision de Yoann Boyer, danseur et cofondateur de l’institut Tamalpa France. Enfin, Marine anime régulièrement des ateliers à Marseille et exerce en tant que thérapeute psycho-corporel depuis 2 ans.

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